Les ECHOS - 25/06/2005 - DE NOTRE CORRESPONDANT À LILLE.

Arbel Fauvet Rail voit le bout du tunnel

Le constructeur de wagons de fret Arbel Fauvet Rail (AFR), basé à Douai, qui vient de clore un exercice 2004 extrêmement difficile, avec 220 wagons produits pour un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros seulement, contre 38 millions l'année précédente, mise sur un retour à l'équilibre
d'exploitation en 2006, un an plus tôt que prévu. Après 14 millions d'euros de pertes en 2003, le déficit de l'an dernier reste très élevé, à plus de 10 millions, mais reflète plus une situation révolue que la réalité présente, selon le PDG Christian Tellier.
Il inclut notamment une provision très importante pour un plan social portant sur la suppression de 100 emplois - il restera 281 salariés fin
décembre - mais aussi l'impact négatif de la flambée des cours de l'acier.
Les pertes devraient être réduites cette année autour de 1,5 à 2 millions d'euros, sur un chiffre d'affaires doublé, de l'ordre de 56 millions d'euros, pour un objectif de 680 wagons. Les efforts de l'entreprise en termes d'innovation (des wagons plus légers, plus adaptés aux besoins des clients), de services, d'achats et d'organisation portent leurs fruits. AFR vient d'engranger depuis avril pour environ 20 millions d'euros de commandes comprenant 85 wagons de gaz et 52 options pour le compte de Totalgaz France, et 100 wagons immatriculés DB (Deutsche Bahn), une première qui pourrait constituer une porte d'entrée pour le marché allemand. « Sans confiance, nous n'aurions pas signé un contrat de 8 millions d'euros, alors que nous avions une offre intéressante de la Pologne », indique aux « Echos » Philippe Millet, président de la société du même nom, loueur exclusif pour Totalgaz.

Lancement d'un prototype

En parallèle, la société poursuit ses efforts dans le ferroutage avec le lancement en octobre d'un prototype de wagon polyvalent capable d'embarquer n'importe quel type de remorque. L'investissement de 3 millions d'euros est cofinancé à 50 % par les fonds Feder. Un second prototype dérivé de l'expérience d'AFR avec Eurotunnel est également en développement en lien avec l'association « Route roulante », pour un investissement de 1,8 million. A terme, le PDG estime que le marché européen représentera 300 wagons de ferroutage par an, dont il espère prendre 50 %.

OLIVIER DUCUING