LE MONDE | 18.06.05 | 13h14
Un
pdg qui rassure
Cet X-Ponts de 52 ans a réussi, en moins de six mois, à s'imposer comme le seul maître à bord chez Eurotunnel. Coopté au conseil d'administration du concessionnaire du tunnel sous la Manche en 2004 par l'Association de défense des actionnaires d'Eurotunnel (Adacte), Jacques Gounon n'a accepté de "monter dans cette galère" que pour en devenir le chef.
Un poste de numéro un qu'il n'avait jusqu'à présent jamais
eu l'occasion d'occuper. Chez Alstom, où il entre en 1996, il gère,
sous l'autorité de Pierre Bilger, la cohésion sociale du groupe
et s'occupe notamment de la restructuration sociale du site de Belfort. En avril
2000, il est nommé à la tête de la branche "Contracting"
, spécialisée dans les installations électriques et techniques,
qui emploie plus de 20 000 personnes dans le monde.
Quand celle-ci prend son indépendance, en étant rachetée par ses salariés en 2001, c'est Claude Darmon, directeur général d'Alstom qui devient PDG de la nouvelle société, rebaptisée Cegelec. M. Gounon reste trois années de plus dans l'entreprise mais quitte définitivement Cegelec en 2004, la perspective d'en prendre rapidement la tête s'éloignant.
Depuis son arrivée chez Eurotunnel, son style subtil mélange de fermeté et de diplomatie fait merveille. Surtout auprès des milieux financiers, notamment les créanciers du groupe franco-britannique, qui apprécient d'avoir en face d'eux un interlocuteur "sérieux" , même s'il joue avec eux le discours de l'affrontement.
Son passage par les cabinets ministériels, notamment celui des transports entre 1995 et 1996, rassure par ailleurs sur sa capacité à comprendre les métiers d'Eurotunnel et, éventuellement, à négocier avec la SNCF, l'un des principaux partenaires industriels du groupe.
C. Du.