| Reuters le 31/05/2006 14h46 |
| Eurotunnel défend son "plan de la dernière chance" |
| PARIS, 31
mai (Reuters) - Eurotunnel a conclu mercredi un accord de
restructuration financière qui permet de diviser la
dette par deux tout en limitant dans un premier temps la
dilution pour les actionnaires. Jacques Gounon, P-DG de l'opérateur du tunnel sous la Manche, a souligné qu'il n'y aurait d'autre choix que la faillite si les actionnaires rejettent ce "plan de la dernière chance" lors de l'assemblée générale du 12 juillet. Il a assuré qu'il s'agissait du plan de son entreprise et non pas celui des créanciers ou des investisseurs. Goldman Sachs, Barclays et Macquarie se sont engagés dans la nuit à apporter le financement nécessaire à sa mise en oeuvre. La dette actuelle de 9 milliards d'euros sera réduite de 54% à 4,24 milliards et la société émettra pour 1,46 milliard de titres hybrides qui seront rachetés en fonction des possibilités financières et/ou converties à partir de 2009. Si le plan est approuvé, une nouvelle société de droit français (Hold Co FR) ayant un équivalent britannique (Hold Co UK) lancera une offre publique d'échange (OPE) sur Eurotunnel entre septembre et octobre sur la base d'une action Hold Co FR et de bons de souscription (BSA) pour une "unité économique" Eurotunnel. L'offre est conditionnée à l'apport de 60% des actions en circulation. Les BSA doivent permettre de limiter la dilution : celle-ci sera au maximum de 87%. Elle serait ramenée à 70% avec l'attribution d'actions gratuites, à 45%-50% si le groupe rachètait 40% des titres hybrides émis et serait nulle si les rachats portaient sur la totalité de ces instruments. Le groupe a évoqué la possibilité d'un regroupement d'actions sur la base d'une pour 40 pour sortir le titre de son statut de "penny stock". Eurotunnel a été suspendu le 12 mai sur un cours de 0,44 euro à la Bourse de Paris et de 25 pence à Londres. Le groupe a indiqué que la reprise de cotation dépendait des autorités boursières françaises et britanniques. CRITIQUES CONTRE CITIGROUP Jacques Gounon a défendu fermement ce plan en assurant que l'alternative était le dépôt de bilan. "Nous avons fait nos meilleurs efforts. Je ne sais pas si c'est le meilleur plan. Je dis simplement que c'est un plan qui fonctionne et qui protège les intérêts de toutes les parties prenantes de l'entreprise". Interrogé sur la tonalité de son message aux actionnaires, il a répondu : "Je leur dirai que c'est le plan de la dernière chance de l'entreprise. La critique étant facile, le problème, le 12 juillet, sera de savoir si on veut que l'entreprise continue ou qu'elle fasse faillite. Je crois que la réponse sera très simple. S'ils refusent, nous entrerons dans une procédure de dépôt de bilan que certains d'ailleurs souhaitent pour des raisons que leur sont propres mais qui ne concernent certainement pas l'intérêt de l'entreprise et de ses 2.300 salariés auxquels je pense tous les jours". Il a ajouté qu'il proposait "quelque chose de raisonnable" et "même d'inespéré" compte-tenu de "la situation tragique" de l'entreprise, étranglée par une dette colossale qui absorbe toutes les disponibilités et empêche tout développement. Il a dit avoir bon espoir de convaincre les porteurs d'obligations de rallier le groupe mis en place depuis plusieurs mois mais a indiqué que s'il avait l'accord de l'assemblée générale il se tournerait vers la justice britannique pour obtenir un mécanisme les forçant à appliquer le plan. Il s'en pris à Citigroup, qui a présenté au cours des derniers jours un plan alternatif à celui qui a obtenu l'engagement de financement de Goldman Sachs, de Barclays et de Macquarie. "J'ai le sentiment qu'elle (cette offre) a une mission essentielle qui est de faire croire que l'entreprise peut être plus endettée que le niveau de 4,24 milliards auquel nous sommes arrivés. Lorsque je sais que Citigroup fait partie des détenteurs d'obligations que je continue à rencontrer pour les rallier au plan je me dis qu'il y a peut-être une arrière pensée politique dans cet affichage soudain", a-t-il dit. Jacques
Gounon a enfin déclaré qu'il ne voyait "pas
l'intérêt" d'un accord avec un industriel. Il a
expliqué que l'opérateur du tunnel sous la Manche
disposait d'un savoir-faire qui pouvait au contraire
être proposé à d'autres. En tout état de cause, il a
rappelé que Vinci , qu'il assure n'avoir pas contacté,
s'était retiré du dossier./WEM |