Le président du conseil d'administration du groupe Eurotunnel, Jacques
Gounon, a souligné jeudi sur LCI que l'un des objectifs de la restructuration
était de constituer un "actionnariat de référence",
pour une entreprise qui compte environ un million d'actionnaires individuels.
"L'un des objectifs de la restructuration devrait être d'arriver à constituer un noyau dur, un actionnariat de référence", a-t-il déclaré.
"Eurotunnel est laissée presque libre à elle-même dans un environnement relativement indifférent. Il y a de l'ordre d'un million d'actionnaires individuels, qui sont aux trois quarts Français", a-t-il précisé.
"Notre estimation est que les actionnaires historiques, dont la plupart sont regroupés dans une association, représentent 5 à 8% de l'actionnariat, tout le reste, 90%, ce sont des gens qui sont venus éventuellement avec un mirage de plus-value, qui sont donc des actionnaires récents", a-t-il ajouté.
"Les actionnaires qui ont beaucoup perdu depuis le début savent qu'ils doivent être solidaires du conseil d'administration s'ils veulent sauver ce qui leur reste", a-t-il encore estimé.
Le danger, selon lui, "est de penser que Eurotunnel ne peut pas tomber en faillite".
"Le risque énorme est que cette conséquence ne soit perçue que trop tard. Il faut faire en sorte qu'une solution soit trouvée avant qu'il ne soit trop tard", a-t-il dit, soulignant à nouveau qu'il fallait que les actionnaires soient "solidaires" du conseil d'administration.
M. Gounon a appelé les actionnaires à éviter "une nouvelle perturbation" lors de la prochaine assemblée des actionnaires qui se déroulera mi-juin.
La précédente assemblée générale, le 7 avril 2004, avait été le théâtre d'un renversement de la précédente direction du groupe, par une coalition d'actionnaires menée par l'association historique Adacte et le financier controversé Nicolas Miguet.
Eurotunnel est sur le point de lancer pour une durée de huit mois la restructuration de sa dette de 9 milliards d'euros, un défi impératif à relever s'il ne veut pas tomber sous le coup de la faillite fin 2006.
Jacque Gounon,
51 ans, un ancien haut fonctionnaire qui fut directeur de cabinet de la secrétaire
d'Etat aux transports Anne-Marie Idrac (droite), est à la tête
du conseil d'administration d'Eurotunnel depuis le 18 février, date à
laquelle il a remplacé Jacques Maillot.