Compte-rendu de l'entretien entre le Conseil d'Administration de l'Adacte et M. Jacques Gounon, Pdg d'Eurotunnel, le 12 avril 2007.
M. Gounon a reçu le Conseil d'Administration de l'Adacte, en tant que
membre du Conseil d'Administration d'Eurotunnel, afin de répondre aux
questions que se posent les actionnaires, dans le cadre de l'Offre Publique
d'Echange (OPE) qui leur est proposée. Voici
un compte-rendu des principaux échanges.
Y aura-t-il une AG d'Eurotunnel avant la clôture de l'OPE ?
La société
est sous procédure de sauvegarde, suite à une décision
de justice.
Les textes de loi ne prévoient pas que les actionnaires soient consultés
dans le cadre de cette procédure.
Il n'y a pas lieu de convoquer une AG inutile qui, de plus, entraînerait
une dépense superflue pour la société, à cause de
la perte de temps (chaque mois perdu fait perdre à la société
20 millions d'euros d'intérêts) et du coût de l'organisation
de l'AG (plusieurs millions d'euros).
Pourquoi créer une société nouvelle (GET SA) ?
C'est le
seul moyen de se libérer des accords de crédit qui entravent la
société actuelle.
La nouvelle société est filiale d'Eurotunnel à 94,5% pour
éviter la consolidation fiscale (dont le seuil est fixé légalement
à 95%).
Les 5,5% restants ont été souscrits par 4 administrateurs et 2
cadres qui portent les actions le temps de l'OPE. A l'issue de l'OPE, ces actions
seront annulées. Il s'agit d'un montage juridique indispensable pour
réaliser l'opération.
Il est bien clair que ces 6 personnes ne jouent qu'un rôle de relais temporaire
et n'en tirent aucun avantage particulier.
Quel sera le cours d'introduction de la nouvelle action ?
Logiquement, au premier jour de la cotation, après le règlement livraison, le cours de bourse devrait s'inscrire dans la continuité du cours de bourse de l'action Eurotunnel de la veille.
Pourquoi le rapport d'expertise fixe-t-il la valeur de l'action à 0,15 euro ?
Le rapport de l'expert se devait d'être très prudent pour se prémunir de toute critique. Mais c'est le marché qui, au final, décide de la valeur de l'action dont la cotation a repris à 0,44 euro.
Des actionnaires contestent le niveau de dilution annoncé. Pouvez-vous nous éclairer ?
Les Obligations
Remboursables en Actions 2 (ORA2) permettent aux actionnaires, si elles sont
intégralement remboursées en espèces la première
année, de se maintenir à 67% du capital de la société
s'ils le souhaitent.
Par la suite, afin de limiter la dilution des actionnaires, la société
aura la possibilité de racheter des ORA grâce à une capacité
de réendettement déjà négociée, et grâce
à une augmentation de capital.
Quelles seraient les conséquences d'un échec de l'OPE ?
La société
serait liquidée. Il ne resterait rien aux actionnaires actuels.
En cas de réussite de l'OPE, les anciennes actions n'auront plus aucune
valeur. Les actionnaires ont donc intérêt à vendre leurs
actions s'ils ne croient pas au plan de redressement, ou ils devront les apporter
à l'OPE s'ils ont confiance.
Quelque soit leur choix, ils ne doivent surtout pas conserver leurs actions
actuelles qui, après l'OPE, n'auront plus de valeur.
On a l'impression d'entendre les mêmes choses qu'en 1998.
La situation est très différente car en 1998, on n'a pas renégocié la dette. Or le plan qui a été négocié permet cette fois à l'entreprise de redémarrer sur des bases saines.
Aurons-nous des informations en temps réel sur l'apport des titres à l'OPE ?
Non car
il n'est pas possible d'avoir ces informations. Le résultat sera connu
vers le 25 mai.
M. Gounon
précise qu'il a 10.170 actions, qu'il apportera à l'OPE.
L'Adacte annonce qu'elle apportera également ses actions à l'OPE.