Goldman Sachs se prépare à l'undes pires trimestres depuis sa cotation
Si les valeurs financières ont rebondi hier sur un marché à la hausse, cette accalmie ne peut masquer les difficultés persistantes des banques qui, après un troisième trimestre très difficile, vont tailler davantage dans leurs coûts, à l'instar de Goldman Sachs.
Préparez-vous à l'impact. » La fameuse phrase du pilote qui a amerri il y a deux ans dans l'Hudson River peut s'appliquer aux banques et en particulier à l'activité de la banque d'investissement. Le troisième trimestre a été exécrable sur les marchés, mais aussi pour toutes les activités à forte marge : les nouveaux dossiers de fusions-acquisitions comme les émissions d'obligations sont en dessous des niveaux de 2009 et même de 2008 pour les secondes. Si l'on ajoute à cela des perspectives macroéconomiques sombres aux Etats-Unis et en Europe, on comprend pourquoi les grandes banques se sont effondrées en Bourse (entre - 16 % et - 49 %) depuis le début de l'année.
Révisions en baisse
Mi-septembre, les analystes de Citigroup ont abaissé leurs prévisions de bénéfices de 45 % pour les banques américaines au troisième trimestre. Brad Hintz, l'analyste très écouté de Sanford Bernstein, vient de réduire ses prévisions de cours pour les actions de Goldman Sachs et de Morgan Stanley, abaissant le premier de 205 à 180 dollars l'action et le second de 35 à 30 dollars.
Surtout, il prévoit une perte au troisième trimestre pour Goldman Sachs (à 20 cents par action), alors que le consensus des autres analystes (hormis Barclays et Bank of America Merrill Lynch qui parient aussi sur une perte) prévoit un gain de 1,35 dollar par action. Il a également abaissé les prévisions de résultat de 37 cents à 12 cents par action pour Morgan Stanley. Selon Brad Hintz, les banques sont dans la phase basse de leur cycle, avec des valorisations qui sont à leur plus bas historiques, et « leur rétablissement a été reporté d'un an, à 2013 », a-t-il déclaré sur la chaîne CNBC.
Mardi, le « New York Times » évoquait la préparation d'un plan de restructuration au sein de Goldman Sachs qui impliquerait des mesures d'économies nombreuses, des suppressions de postes et une baisse des rémunérations. La banque avait déjà prévu cet été un plan d'économies de 1,2 milliard de dollars pour la mi-2012, incluant la suppression de 3 % de ses effectifs (1.000 personnes). Elle pourrait l'augmenter à 1,45 milliard, ce qui représenterait 5 % de ses dépenses, et donner davantage de détails lors de la présentation de ses résultats le 18 octobre.
Les autres banques ne sont pas en reste. JPMorgan Chase ou Morgan Stanley ont engagé de nouvelles réductions de coûts. Bank of America va de son côté supprimer 30.000 emplois sur cinq ans et vise 5 milliards de dollars d'économies annuelles jusqu'en 2014.



































