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Blogs Art : l’œil de Judith Benhamou-Huet
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Dîner à Versailles
[ 16/03/2009 - 17h00 ]

Lundi soir dernier pour la première fois un dîner était organisé en l’honneur des donateurs du Château de Versailles. Patrons français, amateurs d’art, châtelains et antiquaires spécialistes du XVIIIè siècle français honorés dans la salle des gardes de la Reine... Versailles de nuit, désert : un privilège. Les conservateurs commentent d’une pièce à l’autre. Un des antiquaires en profite pour glisser qu’il possède en stock un meuble de La Pompadour. Le propriétaire d’un château raconte les trésors que contient le sien… Entre 2007 et 2008 le mécénat a doublé à Versailles pour passer à 16 millions d’euros. En fait le château est une grande coquille vide dont la vocation, pour son dirigeant est naturellement de tendre à la remplir toujours davantage. Si on compare le taux d’occupation des pièces de la demeure royale entre 1789 et aujourd’hui il est seulement de 10%. Alors son président depuis 2007, Jean-Jacques Aillagon, s’active. Dans une pièce était regroupée une partie des donations : le modèle en cire d’un fauteuil de la Reine, les dessins des projets de rénovations sous Louis XV, un album photos du château au XIXè siècle par Eugène Disderi (financé par Eurotunnel), la console du Dauphin - qui porte mal son nom - commandée en 1787 à l’ébéniste de renom Saunier (financé par le cabinet d’audit KPMG)... On ne pouvait pas voir l’immense tapis (5x6 m) de la manufacture de la Savonnerie achetée grâce à l’aide du ministère de la culture chez Sotheby’s à Paris en novembre 2008 pour 2,5 millions d’euros. Trop grand. Idem pour la monumentale statue équestre de Louis XIV en bronze dont la restauration a été financée par La Française des Jeux. Sur le site de la Française des jeux, la restauration - dont le montant n’est pas donné - est justifié d’une manière maladroite qui en devient presque mignonne : « A l’époque de louis XIV, la foule se pressait trois soirs par semaine dans les Grands Appartements pour jouer au billard, au biribi, à la cavagnole, au brelan, à la bassette… Il était donc évident pour la FDJ de participer à la préservation de ce patrimoine en particulier. » En Grande Bretagne il existe, sans nécessité de justification, une loterie qui répond au besoin d’acquisition d’œuvres d’art. Manifestement le président de la Française des Jeux, Christophe Blanchard-Dignac étudie en collaboration avec le ministère de la Culture un jeu qui contribuerait au financement du patrimoine français. Première étape annoncée, lors des prochaines Journées du Patrimoine.

A Versailles désormais l’un des problèmes les plus aigus est celui du Hameau de la Reine. Merveille des merveilles, Disneyland du XVIIIe siècle, la reconstitution du petit village propret désiré par la jeune femme qui voulait jouer à la fermière comme on jouerait à la poupée, tombe en lambeaux. Selon Jean-Jacques Aillagon, la seule restauration de la Maison de la Reine nécessiterait 5 millions d’euros.
Je vous laisse avec une description savoureuse du Hameau dans le « Marie Antoinette » de Stéphane Zweig. « Le grand architecte Micque et le peintre Hubert Robert, tracent , ébauchent, construisent huit fermes exactement copiées sur les fermes ordinaires, avec toit de chaume, basses –cour et tas de fumier (…)Tandis que dans toute la France les paysans s’émeuvent déjà, que le peuple écrasé d’impôts s’agite et se révolte en réclamant une amélioration à son intenable situation, il règne, dans ce hameau truqué à la Potemkine, un bien être qui jure maladroitement avec la réalité ». Faute d’entretien, les intérieurs du paradis champêtre de « L ‘autrichienne » ne sont plus visitables.


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Commentaires
Dîner à Versailles

"la reconstitution du petit village propret désiré par la jeune femme qui voulait jouer à la fermière"

Tout rapprochement avec de quelconques personnalités actuelles est certainement déconseillé....


Rédigé par poivre | mardi 17 mars 2009
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Judith Benhamou-Huet


Après des études de Droit et de Sciences politiques Judith Benhamou s’est spécialisée (...)

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