Cher actionnaire,



Je vous remercie de votre réaction spontanée à notre communiqué officiel sur la restructuration, dont la complexité est le résultat des contraintes réglementaires.

Par ailleurs, je ne sais pas si votre courrier m’est destiné, parce que je ne suis pas de ceux qui ont fait des promesses irréalistes. J’y réponds néanmoins :

- dette : celle-ci est bien réduite, de manière définitive, à 4,2 milliards d’euros. Les titres hybrides, comme vous le savez, ne sont pas assimilables à de la dette, et donc ne s’ajoutent pas à celle-ci. Ils sont rachetables : se focaliser sur la dilution théorique maximale revient à refuser d’appréhender le plan dans sa globalité, et notamment toutes les dispositions de relution ;
- « waivers » et négociations : rien n’ayant été obtenu avant mon arrivée, j’estime que l’équipe qui a négocié a obtenu des concessions considérables, avec 54% d’effacement de la dette et un accord totalement financé, sauvant l’entreprise de la faillite. Vous aurez noté de plus que cet abandon de créances, près de 5 milliards d’euros, est supérieur aux pertes cumulés des actionnaires (en supposant d’ailleurs que ceux-ci soient aujourd’hui tous des historiques, ce qui n’est pas le cas) ;
- substitution : elle existe bel et bien dans les textes fondateurs. L’entreprise n’y peut rien ;
- bons de souscription : l’intérêt pour les actionnaires est de les exercer avant la fin de la troisième année ;
- conseil d’Administration : il s’ouvre, non pas à des créanciers, mais de façon minoritaire à des représentants des Investisseurs qui viennent, à vos côtés, sauver le Groupe ;
- améliorations : je n’hésiterai pas à en incorporer si elles se présentent. A cet égard, j’ai bien noté vos suggestions.
- obligataires : j’attire votre attention sur le fait que ce sont en fait des créanciers très subordonnés, mais prioritaires devant les actionnaires. Tout ce qui leur sera donné au-delà de l’accord risque de l’être à votre détriment.

La société est au bord du dépôt de bilan. Ce n’est pas une menace, c’est une réalité. Toute manœuvre dilatoire peut avoir des conséquences catastrophiques.

Toute l’équipe fait l’impossible pour que cela n’arrive pas. Quelle que soit votre amertume, acceptez de reconstruire le Groupe avec nous.

Veuillez agréer, Cher actionnaire, l’assurance de mes salutations distinguées.


Jacques Gounon

Président-Directeur général