Conférence
de presse de l'ADACTE:
Une
conférence de presse était organisée ce 20 juin 2006 par lADACTE.
Etaient présents :
M. GOURANTON, président de lassociation, M. BONDIA,
trésorier, M. LIBESSART, M. MIRANDE,
Mme BARRALIS, administrateurs.
Me BENJAMIN du Cabinet HUGLO LEPAGE, avocate de lAdacte
auprès du Tribunal Administratif (recours indemnitaire contre lEtat
- décembre 2003).
Les journalistes :
- M. MAZURIER B., Le Parisien
- Melle DUHARD C., Nord Littoral
- M. LEHMANN A., AFP
- M. LEROY S. ; AGEFI
- Mme CROUZEL C., Le Revenu
- M. SEGRE B., La Tribune
- M. HONORE R., Les Echos
- M. FRESSOZ Marc
- Me BERLIOZ , auditeur libre.
Alors que la société Eurotunnel et ses actionnaires sont une
nouvelle fois confrontés à la menace dun dépôt de bilan
ou dune restructuration qui pourrait savérer
spoliatrice pour lactionnaire, LADACTE interpelle les
Etats et tout particulièrement la Présidence de la République
(qui a pris la «décision historique» de construire le Tunnel
et signé le Traité de Cantorbéry) et le Premier Ministre (qui
a signé le traité de concession).
LADACTE rappelle que ce sont les Etats - et eux seuls -
qui, sur la base du rapport établi par les experts, ont décidé
de relier les deux pays par un double tunnel et retenu le projet
«France-Manche CTG».
Ce sont les Etats qui ont imposé un financement purement privé,
qui ont dicté la structure juridique qui serait mise en place,
«souhaité» la création dune Commission
Intergouvernementale, responsable de tous les problèmes de
coordination, et dun comité de sécurité ; Ce sont eux
qui ont désigné les principaux responsables du « «chantier du
siècle» et fait signer les contrats sur la base desquels la
société sest trouvée, en fin de construction,
surendettée et en faillite virtuelle.
Aujourdhui, alors quon prétend que la société est
purement privée, Eurotunnel paye 5 millions par an pour
le fonctionnement de la Commission Intergouvernementale et du
Comité de Sécurité ; elle a supporté depuis la mise en
service du Tunnel plus de 200 millions deuros de coûts de
sûreté et, à partir de 2052, reversera aux Etats 59 % des
profits quelle pourrait générer, en contrepartie de lallongement
de la concession «accordé» en 1997.
LADACTE dénonce la spoliation qui a été sciemment
organisée par les plus hauts responsables de lépoque qui
savaient, sur la base du rapport établi par les banques en 1984
- ces mêmes banques qui ont ensuite octroyé les crédits - que
le financement de la Liaison Transmanche requerrait un soutien
financier de tiers tels que les Gouvernements ou la CEE et quil
y avait là une occasion unique pour une intervention
spectaculaire de la CEE.
Le rapport indiquait par ailleurs :
- Que lappel à lépargne publique devrait être fait
après la mise en service du Lien
- Quétant donné limportance du projet, lEtat
voudrait probablement un important engagement du secteur public
ou semi public
- Quil y aurait lieu de sassurer que la construction
pourrait être menée à bien dans les limites prévues au
budget, dans les délais et au niveau de qualité souhaité.
- Que les gouvernements français et britannique auraient à sengager
irrévocablement à réaliser les infrastructures
complémentaires (on attend encore le TGV Londres/le Tunnel que
les Anglais font maintenant financer par lEurope Not
a public penny, Mrs Maggie !)
- Que les Etats auraient à garantir les surcoûts et la
continuité des financements
- Que le lien Transmanche impliquerait un accord dexploitation
à perpétuité ou pour une durée minimum de 50 ans à compter
de lachèvement, auquel cas, le renouvellement de laccord
ne devrait pas être refusé sans motif valable !
On voit donc que ces mêmes banques qui préconisaient dans leur
rapport de 1984 le partage des risques et la rigueur ont suivi
les Etats dans leur mégalomanie et cautionné leurs
comportements fautifs, sachant très exactement que le projet
entraînerait la ruine de ceux qui avaient cru aux valeurs
véhiculées par les publicités et les journaux de lépoque.
LADACTE demande à être reçue par M. CHIRAC, président
de la République et souhaite que les Etats soient présents à
la table des négociations.
Ce sont les Etats qui ont donné vie à Eurotunnel, cest
devant eux que doit être scellé le devenir de la société et
de ses actionnaires.
Toutes prises de position en dehors de cette interpellation des
Etats ne valent quà titre purement personnel et nengagent
pas lADACTE .